2026 - Yvon Blanc
Yvon Blanc
Son épouse, Marie-Thérèse nous a informés du décès, samedi 26 septembre 2026, de Yvon Blanc dans sa quatre vingt neuvième année des suites d'une longue maladie.
Arrivé à l'ILL en 1968, il a été le premier responsable technique au début des années 1970 du spectromètre à temps de vol IN5 qu'il a construit avec François Douchin (ingénieur) et Ruep Lechner (scientifique). Il y a aussi cotoyé professionnellement les physiciens José Dianoux et Ferdinand Volino. Il fallait alors y faire tourner les quatre fameux choppers à 20.000 tours par minute environ, aux limites des techniques de l'époque. Il a ensuite été le technicien de IN6, puis de IN10C (IN16) (voir le témoignage de Bernhard Frick ci-après) et d'autres instruments. A son grand desespoir, il a fait partie de la charette de licenciements/mises à la retraite de 1994.
Il était également sportif, comme en atteste la photo de la première équipe de foot de l'ILL datant de 1971. Il s'est également beaucoup investi dans le comité d'entreprise (CE à l'époque devenu depuis CSE : Comité Social et Economique) et particulièrement dans la section bricolage. Pour poursuivre cet investissement, il a ensuite participé activement au conseil d'administration de l'ARILL.
Pour tout ton investissement, merci Yvon.
Tony Heidemann, ex-chef de la DPT dit de lui à juste titre :
Yvon Blanc était un des meilleurs techniciens de l'ILL.
Témoignage de Bernhard Frick ex-responsable de IN10C devenu IN16
C’est en 1986, lorsque j'ai pris mes fonctions de deuxième responsable scientifique du spectromètre IN6 à l'ILL, que j'ai fait la connaissance de Yvon. Il faisait partie d'un groupe autour de Reinhard Scherm et José Dianoux qui avait développé ce spectromètre temps-de-vol utilisant la "focalisation en temps" pour aboutir à un instrument mondialement reconnu pour son haut flux, sa flexibilité et sa fiabilité. La fiabilité et la compétence technique d'Yvon lui-même avaient certainement contribué à cette bonne réputation.
C'est donc à cette époque que j’ai fait la connaissance de cet homme modeste qui avait assuré sans problème le fonctionnement du "work horse" IN6, en parallèle avec ses autres tâches.
Un an plus tard, je devenais responsable de la rétrodiffusion sur IN10 et de la construction du nouveau spectromètre IN10C, re-nommé ensuite IN16.
Pour ses analyseurs “polis” - de grands miroirs à neutrons focalisant (voir photos) - Yvon et Andreas Magerl avaient développé une technique permettant d'assembler sur de grandes surfaces courbes, parfaitement orientés et sans déformation, des milliers de petits cristaux silicium taillés en carrés de 4 x 4 mm2. Grâce à ces analyseurs, IN10C (IN16), et même IN16B ensuite, ont longtemps bénéficiés de la meilleure résolution en énergie au monde.
Yvon avait également aidé à développer le spectromètre secondaire de IN16 caractérisé par ses fameux supports permettant l'échange facile des analyseurs grâce à leur déplacement sur coussin d'air. Il avait une connaissance parfaite du projet et trouvait presque toujours une solution technique élégante aux divers problèmes posés. Il a donc largement contribué à la réussite de cet instrument.Pour moi, cela aura toujours été un grand plaisir de travailler avec Yvon.
Parcours professionnel d'Yvon Blanc
Martin Walter, chef de la division administration de l'institut nous a communiqué le très riche parcours professionnel d'Yvon Blanc.
- 1968-1979 : recruté comme Technicien Supérieur pour s'occuper du microguide de neutrons, et de l'exploitation des instruments IN5, IN4, IN7.
- 1979-1987 : EDEX - exploitation de IN6
- 1987 : EDEX - exploitation de IN10C
- 1988 : EDEX - chef du groupe TOF-BS (temps de vol et rétrodiffusion) soit 5 instruments : IN4, IN5, IN6, D7(TOF) et IN10C
- 1991 : EDEX et DIM, branche développement de la DPT (C. ZEYEN), groupe Monochromateurs (A. Magerl)
- 1994 : Mise à la retraite à cause des travaux de changement du bidon du réacteur